Karnaval Humanitaire

Karnaval Humanitaire

Les sorcières du Karna

« C’est la dernière soirée du Karna et la teuf bat son plein. La soirée festive, c’est toujours ma préférée. Bon ça fait vingt minutes que j’ai pas vu mes ami·e·s mais iels ont dû partir sous le Chill out ; je me rends au bar en les attendant. J’attends ma bière et un jeune homme, grand sourire aux lèvres, me propose de régler mon coup à boire. « Non c’est gentil, merci ! » Je me dirige sous le chap’ et la musique m’emporte, je me mets à danser, j’ai le sourire et je croise le regard d’un gars. Un pogo est lancé, je m’écarte. Je le sens derrière moi. Ça me stresse, il m’oppresse. Je me rapproche du bar intérieur pour retrouver des visages familiers, puis je file vers les toilettes. Il a décidé de me suivre, il veut engager la discussion, quitte à être lourd devant le reste de la file qui attend l’accès aux toilettes. Le fait qu’il ait un comportement relou, ça, il ne s’en rend même pas compte.
« Elles sont assez grandes pour deux, tes toilettes ? » Ça me révolte ce genre de réflexion, je m’y habituerai jamais. Ça arrive même au Karna ! Les personnes qui m’entourent font mine de ne pas entendre, comme s’il s’agissait d’une discussion « personnelle », entre lui et moi. Vraiment ? Et puis même si c’était mon amoureux ! Ça nous coûte quoi de s’assurer les un·e·s les autres qu’on se sent bien et en sécurité là où l’on est ? Une leçon, ce soir encore : le harcèlement sexiste, moral et sexuel n’a pas de frontières, de goûts musicaux privilégiés, de cadres affectifs prédéfinis, de valeurs humanistes déclarées. Partout, le harcèlement sexiste, moral et sexuel existe et partout il a des complices. »

Et ce n’est pas la seule oppression qui existe. Le Karnaval Humanitaire organise chaque année un festival d’une semaine sur le campus de la Doua. Ce festival est notre raison d’être principale en tant qu’association, et cela nous confère un certain nombre de responsabilités. Parmi celles-ci : la sécurité physique et morale des festivalier·e·s et des bénévoles à n’importe quel moment de l’événement.
Sécurité pour tou·te·s ? Les dominations de genre, de race et de classe règnent dans notre société, sont des sources continues de violence et le Karnaval Humanitaire n’y fait pas exception. L’édition 2020 du festival souhaite prendre ses responsabilités et prévoit la création d’un lieu dédié à l’accueil de personnes agressé·e·s, oppressé·e·s ou qui ont simplement besoin de se retrouver dans un espace sécurisant. Les individu·e·s qui y veillent porteront des chapeaux de sorcières. Elles seront présentes sur l’ensemble du site du festival, et pourront t’accueillir dans une tente dédiée à côté de l’espace projet. N’hésite pas à nous solliciter !

Solidairement et sororitairement,
Les sorcières du Karna

P.S. : des sorcières ?! Tu peux découvrir « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » de Mona Chollet, « Caliban la sorcière » de Silvia Federici, les podcasts des « Couilles sur la table » ou « Gang of Witches ». Et bientôt, le Hors Série de l’Insatiable sur le Karnaval Humanitaire 2020 !